Quand l’hiver frappe fort, certaines villes ne manquent pas d’imagination. À Guérande, célèbre pour son sel, une solution locale et étonnante fait parler d’elle : du sel de table est utilisé pour déneiger les routes. Oui, vous avez bien lu. Ce qui relève d’une tradition culinaire devient ici un rempart contre le verglas.
Guérande : la ville qui combat le froid avec son or blanc
Le 6 janvier 2026, un tapis blanc a recouvert les rues de Guérande. En alerte orange à cause de la neige et du verglas, la municipalité n’a pas attendu pour agir. Dès l’aube, les services techniques sont sortis équiper les routes d’un traitement préventif : du sel. Mais pas n’importe lequel.
Dans cette région, connue pour ses marais salants classés, la ressource est locale, naturelle et abondante. Les paludiers de la presqu’île guérandaise récoltent chaque été un sel de mer artisanal, bénéficiant depuis 2012 d’une indication géographique protégée (IGP). Une petite partie, considérée comme imparfaite pour la consommation, est transformée en fondant routier.
Un usage malin des rebuts de sel
Tout sel n’arrive pas en cuisine. Certains lots, jugés trop humides ou trop fins pour l’alimentation, sont stockés par les coopératives locales. Et en hiver, ces stocks prennent toute leur utilité.
Les camions municipaux viennent charger ce sel directement à Guérande pour l’épandre sur la chaussée. Cela limite les distances de transport et favorise un circuit court, rapide et économique. Pratique, non ?
Quelles différences avec le sel traditionnel d’entretien ?
Que ce soit du sel de mine, de mer ou industriel, le principe est le même : le chlorure de sodium abaisse le point de congélation de l’eau. C’est ce qui empêche la formation de glace sur les routes. Et selon certaines estimations, environ 51 % de la production mondiale de sel est dédiée à cette fonction.
À Guérande, les équipes utilisent le sel pur, contrairement à La Baule voisine, qui préfère un mélange de sel et de sable. Ce dernier améliore l’adhérence des pneus, mais doit être ramassé une fois la météo revenue à la normale.
Un plan d’action bien rôdé contre les intempéries
La veille de l’arrivée de la neige, un salage préventif avait déjà été réalisé. Quand les premiers flocons ont touché le sol, les épandeuses ont repris du service dès 7 h 45 et ont travaillé jusqu’en fin de matinée.
Les priorités ? Les axes principaux, les abords des écoles et les lieux publics. Résultat : bien que les transports scolaires aient été suspendus par la préfecture, la ville est restée partiellement fonctionnelle.
Le sel, efficace… mais avec précautions
Lorsque les routes sont déjà recouvertes de neige, le sel seul ne suffit pas. Il faut d’abord racler la couche blanche, puis répandre un mélange de sel et de saumure (une eau très salée). Cette solution agit vite, mais elle se dilue aussi rapidement. Parfois, cela impose de fermer certaines routes temporairement.
Un dernier conseil ? Restez vigilant au volant. Comme le rappelle Mathieu Jouveau sur France 3 Normandie, cité par RTL : « Déneigez le toit de votre voiture et évitez les freinages brusques. » Un geste simple qui peut éviter bien des accidents.
Du sel dans nos assiettes, mais aussi sous nos pneus
La situation de Guérande est unique : ici, même le sel jugé imparfait trouve son utilité. Ce recyclage intelligent prouve qu’une ressource locale peut avoir plusieurs vies. L’hiver venu, ce trésor des marais devient un allié fiable contre les dangers de la glace. Et avouons-le… voir du sel de table sous nos pneus, c’est quand même assez inattendu.




